C’est la diversité du vivant au sein d’une même espèce, entre espèces et leurs habitats. La biodiversité définit ainsi la diversité génétique, la diversité des espèces et celles des écosystèmes, mais aussi leurs interactions. Cette façon nouvelle d’appréhender le vivant à toutes les échelles est apparue dans la décennie 1980-1990.
Pour que le vivant advienne et se transforme en un système de relations complexes, notamment avec l’espèce humaine, quatre milliards d’années ont été nécessaires.
Spontanée, naturelle, gratuite, renouvelable, abondante ? Parce que la nature semble aux humains une simple évidence, sa fragilité, sa richesse ou sa diversité disparaissent à leur attention et, par conséquent, à leur intention de ménagement lors de prises de décisions.
Pourtant elle est quotidiennement source d’alimentation, elle apporte du bois, de l’eau, des ressources pour la pharmacopée, des fibres utiles aux vêtements, etc.
Elle fournit des bienfaits récréatifs, esthétiques et spirituels. Elle fournit aussi pour la vie, comme pour l’économie, des services indispensables comme la pollinisation, la filtration des eaux et de l’air, la fertilité des sols, le stockage de carbone, la régulation du climat et de l’eau……
Face aux mutations majeures en cours dans l’environnement, la diversité biologique préserve pour les hommes comme pour les espèces, leurs chances de recours, de trouvailles, d’innovations, de solutions, donc d’adaptation. Il s’agit de conserver son potentiel d’évolution, plus que de poursuivre un état figé. Le maintien d’une forte diversité biologique constitue notre assurance collective pour les années futures.
Elle est aussi un bien public mondial des générations présentes et futures.
Bien être humain et biodiversité ont parties liées.
L’enjeu de la biodiversité est d’importance équivalente à celui du changement climatique pour les humains et pour la planète, de surcroît corrélés pour nombre d’aspects. Cependant, il n’est pas encore pris en compte au même niveau.
Actuellement, les changements dans l’environnement sont plus rapides qu'à aucune autre période de l’histoire humaine et rien n’indique des signes de ralentissement du processus.
60% des services vitaux fournis à l’homme par les écosystèmes sont en déclin, selon l’évaluation Millennium Ecosystem Assessment, réalisée en 2005 par 1300 scientifiques pour les Nations unies. Et les causes en sont multiples : changement d’affectation des terres, fragmentation, disparition ou dégradation progressive des milieux naturels, surexploitation des ressources comme la surpêche ou les prélèvements en eau abusifs, pollutions de l’eau, de l’air ou des sols, introduction d’espèces exogènes au milieu naturel ou changement du climat…. Les actions humaines contribuent souvent à des pertes irréversibles en termes de diversité de la vie.
Cette évaluation renforce le constat du fait que la vitesse actuelle de disparition des espèces est très supérieure à leur rythme naturel d’extinction. Certains évoquent ainsi la sixième vague d’extinction des espèces. Les questions de leur capacité d’adaptation et de survie sont posées. Aussi l’intérêt pour la biodiversité est une nécessité de plus en plus vitale. Les choix effectués à son égard auront des répercussions économiques, sociales, environnementales et politiques majeures, pour tous les acteurs.
Les arguments purement économiques justifieraient déjà à eux seuls une meilleure prise en compte de la biodiversité : la valeur financière des services rendus par la nature a été estimée à 33 milliards de dollars par an ou l’équivalent d’une à deux fois le produit mondial brut.