CDC Biodiversité au World Impact Summit 2020 à Bordeaux

05/11/2020

Vincent Pereira, chef de projets à l’agence Sud-Ouest est intervenu au Sommet international des solutions pour la planète, WIS le 29 octobre 2020 au Palais de la Bourse de Bordeaux. Il a présenté le rôle et les solutions proposées par CDC Biodiversité dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité.

Vincent Pereira © CLGO - CDC Biodiversité
Table ronde Artificialisation World Impact Summit © CLGO - CDC Biodiversité

Vincent Pereira participait à la table-ronde « Quelles solutions face à l’artificialisation des sols et l’érosion de la biodiversité ? » animé par Estelle Dueso, journaliste.

Intervenaient également Yann Wehrling, ambassadeur de France délégué à l’environnement au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, élu Modem, conseiller régional Île-de-France et conseiller à la Ville de Paris et Michel Pétuaud-Létang, architecte et fondateur de l’Agence 4A.

Une urgence à agir

L’artificialisation des sols en France a connu ces dernières années une augmentation plus forte que celle de la population, pour atteindre aujourd’hui un taux d’imperméabilisation estimé à 9% sur le plan national. Les principales causes : l’absence de densification et l’étalement urbain qui en découle. Le principe de Zéro Artificialisation Nette mentionné dans le plan biodiversité de 2018 est un objectif ambitieux à atteindre.

L’urbanisation galopante, couplée à l’augmentation de la pression agricole sur les espaces naturels, est la principale cause de l’érosion de la biodiversité constatée à l’échelle mondiale, ainsi que l’a souligné l’IPBES dans son rapport et comme Yann Wehrling l’a rappelé. Ce dernier a également indiqué qu’il fallait « armer le pays pour mettre en œuvre le plan biodiversité ». Il a insisté sur le fait que les solutions existent, notamment sur le plan fiscal, avec la possibilité d’introduire un dispositif de bonus/malus sur la taxe d’aménagement ou la taxe sur le foncier non bâti, pour inciter à ne pas construire sur les zones non urbanisées.

CDC Biodiversité, un acteur au service des territoires et de la biodiversité

Après avoir présenté CDC Biodiversité et réaffirmé son engagement « d’être un acteur de long terme », Vincent Pereira a évoqué le rôle qu’elle joue aux côtés des acteurs économiques et de l’aménagement du territoire. Il a notamment expliqué l’intérêt d’appréhender au plus tôt le « risque biodiversité » des projets, en insistant sur l’intérêt de la bonne application de la séquence ERC et en évitant de construire une stratégie ciblée sur la compensation.

« En Gironde, le taux de refus des demandes de défrichement est passé, en seulement quelques années, de 3% à 50%. Les projets cumulant des impacts sur les forêts, les zones humides et les espèces protégées ont donc du souci à se faire ».

Vincent Pereira a toutefois souligné le rôle de CDC Biodiversité pour accompagner les porteurs de projets et mettre en place des mesures compensatoires efficaces, permettant de sécuriser du foncier naturel sur le long terme. Selon lui, la compensation peut ainsi être un levier pertinent pour contribuer au réaménagement du territoire et à la lutte contre l’artificialisation des sols.

Il est ainsi revenu sur des projets de compensation écologique mis en œuvre par CDC Biodiversité, comme les mesures compensatoires de l’autoroute A65, de même que la création du premier site naturel de compensation en France sur le site de Cossure.

Mesures compensatoires de l’A65

CDC Biodiversité réalise pour le compte d’A’LIÉNOR la compensation écologique et les boisements compensateurs de l’autoroute A65 Langon-Pau, mise en service en 2010. Ce programme revêt une dimension exceptionnelle en Europe, alliant un triple défi : rapidité de mise en œuvre, ampleur des surfaces à sécuriser et à gérer, durée des engagements du maître d’ouvrage.

 

Site naturel de compensation de Cossure

Le site de Cossure est le 1er site naturel de compensation de France par l’offre. Il répond aux besoins des aménageurs en matière d’actions positives pour la biodiversité, en particulier au titre des mesures compensatoires liées aux impacts résiduels de leurs projets, dans une démarche de neutralité écologique. En avril 2020, il a reçu l’agrément de 1er site naturel de compensation de France dans un arrêté ministériel signé par la Ministre de la Transition Écologique et Solidaire, Élisabeth Borne et la secrétaire d’État, Emmanuelle Wargon.

Vincent Pereira a ensuite orienté son intervention sur le fonctionnement et les ambitions du programme Nature 2050, comme outil d’incitation à restaurer la biodiversité sur des espaces délaissés, des friches ou des zones pouvant être désartificialisées. À l’instar de la Friche Kodak à Sevran (93), où CDC Biodiversité accompagne la ville dans la renaturation du site. L’appel à projets lancé en 2019 avec la Métropole du Grand Paris à l’attention des 131 communes de la Métropole a également été évoqué, ainsi que le programme « Action Cœur de Villes » menée aux côtés de la Banque des Territoires.

L’appel à projet MGP-Nature 2050 lancé en 2019

L’objectif était de créer un partenariat public-privé pour soutenir techniquement et financièrement des projets Nature 2050 sur le territoire. La MGP a financé à hauteur de 1,9 millions d’euros et le programme Nature 2050 a apporté un complément de plusieurs centaines de milliers d’euros pour soutenir ces actions et les pérenniser sur le long terme.

Michel Pétuaud-Létang a quant à lui évoqué l’enjeu primordial de rompre avec la tradition de l’étalement urbain, « aujourd’hui la quantité d’espace artificialisé est largement suffisant pour répondre à la demande ». Il faut repenser la ville et « oublier le zonage, pour effacer le quotidien pendulaire qui est polluant et source de stress. »

replay de la table ronde « Quelles solutions face à l’artificialisation des sols et l’érosion de la biodiversité ? » du World Impact Summit 2020 à 2.01.30

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