Forum Zéro Carbone à Paris : deux interventions de CDC Biodiversité

01/12/2021

Mardi 30 novembre 2021, Marianne Louradour, directrice générale et Jean-Christophe Benoit directeur du Développement et du réseau de CDC Biodiversité étaient présents au Forum Zéro Carbone, qui se déroulait à l’Hôtel de ville de Paris, avant de partir en tournée dans différentes villes de France.

De gauche à droite, Pierre-André de Chalendar (Saint-Gobain), Philippe Mabille (La Tribune) animateur, Carine de Boissezon (EDF), Arnaud Ngatcha (adjoint à la mairie de Paris), Marianne Louradour (CDC Biodiversité) et Ronan Dantec (sénateur) © ISJU-CDC Biodiversité

De gauche à droite, Pierre-André de Chalendar (Saint-Gobain), Philippe Mabille (La Tribune) animateur, Carine de Boissezon (EDF), Arnaud Ngatcha (adjoint à la mairie de Paris), Marianne Louradour (CDC Biodiversité) et Ronan Dantec (sénateur) © ISJU-CDC Biodiversité

Ouverture du Forum par Anne Hidalgo, maire de Paris

Anne Hidalgo a inauguré l’événement © ISJU-CDC Biodiversité

Anne Hidalgo a inauguré l’événement © ISJU-CDC Biodiversité

Anne Hidalgo, Maire de Paris, a inauguré l’événement, appelant de ses vœux la construction d’un consensus sur un chemin commun pour accélérer la transformation de nos économies et nos modes de vie, vers le zéro carbone.

Face à la déception de certains après la dernière COP de Glasgow en novembre, elle a affiché un fort enthousiasme quant à la capacité d’actions des maires. Elle a d’ailleurs rappelé le combat engagé dès 2014 par la ville de Paris contre la pollution de l’air, et l’affrontement avec le lobby du diesel auquel il a mené.

Pour la maire de Paris, il faut en appeler à la responsabilité des politiques, des entreprises, des citoyens, pour comprendre qu’il ne faut pas mettre de frein au mouvement zéro carbone.

« Le consensus est possible grâce aux scientifiques qui nous éclairent. Il n’y a pas d’autre chemin possible et viable que celui-ci. Il faut sortir des petits calculs et des grandes manipulations » tout en « créant des outils pour accompagner la transformation des activités ».

Elle a ensuite fait part de la prochaine Assemblée Générale de l’association internationale des maires francophones sui se déroulera à Ouagadougou en 2022, et aura vocation à incarner la COP des villes. Pour elle, les chefs d’États devraient penser comme des maires pour « ne pas oublier d’où on vient et pour qui on travaille : les citoyens ».

Débat avec Jean Jouzel et Carlos Moreno

Jean Jouzel, écologue et ancien vice-président du GIEC a reconnu que les objectifs de l’accord de Paris ne seraient sûrement plus atteignables. Le changement de vocabulaire, entre un objectif de réchauffement maximum de 2°C lors de la COP de Paris et celui de 1,5°C lors de celle de Glasgow démontre « le fossé encore plus important aujourd’hui entre ce qu’il faudrait faire et ce que nous faisons collectivement ».

S’il salue les nouveaux engagements pris à Glasgow, bien que loin d’être suffisants, il se désole du crédit tardif accordé à la communauté scientifique et à ses alertes, qui auraient dû être prises en considération il y a déjà 30 ans.

Il a rappelé que dès 2030, nous aurons utilisé toute la quantité de carbone que nous pouvons émettre pour rester en-dessous de 1,5°C de réchauffement du climat : « il faudrait donc tout arrêter en 2030, ce qui ne sera pas le cas et n’est pas souhaitable. C’est pourquoi il faut faire des efforts dès maintenant ».

Carlos Moreno est revenu sur le concept d’hyper-proximité, qui a engendré le concept de ville du quart d’heure, rappelant qu’aujourd’hui, 80% des français vivent dans 1/5 du territoire.

Il a défini ce que doit être le modèle de développement durable pour les villes : économiquement viable, écologiquement vivable et socialement équitable.

Une table ronde sur l’après COP 26 et l’adaptation aux dérèglements climatiques

À 9h30, en salle des fêtes, Marianne Louradour était invitée à intervenir lors de la table ronde « Après la COP 26 : s’adapter aux dérèglements climatiques, mode d’emploi », animée par Philippe Mabille de la Tribune, en présence de Pierre-André de Chalendar, président de Saint-Gobain, Carine De Boissezon, directrice développement durable du groupe EDF, Ronan Dantec, sénateur, porte-parole climat de CGLU, et président de l’Association Climate Chance, et Arnaud Ngatcha, adjoint à la Maire de Paris en charge de l’International et de la Francophonie.

Marianne Louradour intervenait à la table ronde « Après la COP 26 : s’adapter aux dérèglements climatiques, mode d’emploi ». © ISJU-CDC Biodiversité

Marianne Louradour intervenait à la table ronde « Après la COP 26 : s’adapter aux dérèglements climatiques, mode d’emploi». © ISJU-CDC Biodiversité

Marianne Louradour a évoqué la réconciliation entre les approches climat et biodiversité, entraînée par la convergence de leurs crises, de leurs causes et de leurs effets. Elle a rappelé que la conservation des écosystème terrestres, marins et aquatiques est une nécessité pour limiter non seulement les causes du réchauffement climatique mais aussi ses effets, évoquant le récent rapport conjoint de l’IPBES et du GIEC sur le sujet. « Sur 8 millions d’espèces, 1 à 2 millions sont menacées », a-t-elle rappelé.

« Si les villes sont confrontées au défi bas carbone, elles sont aussi confrontées au défi de la conservation de la biodiversité : 92% des citoyens réclament le retour de la nature en ville ».

Elle a ensuite rappelé l’importance de remettre les infrastructures vertes au cœur des villes, apportant des services écosystémiques permettant par exemple de protéger contre les crues, les îlots de chaleur, ainsi que le Contrat de Performance Biodiversité, développé par CDC Biodiversité. « Les innovations peuvent aussi se situer sur les toits, comme nous sommes actuellement en train de l’étudier avec Icade à Rungis, sur des toitures vertes et solaires, les deux « installations » permettant un bénéfice mutuel l’une à l’autre. »

L’offre de résilience verte à laquelle le Groupe Caisse des Dépôts réfléchit est une offre clé en main relative à la résilience des territoires, dédiée aux collectivités et fondées sur les infrastructures vertes.

Acteur engagé, CDC Biodiversité peut répondre à ces problématiques de biodiversité et de climat, notamment via son programme Nature 2050, qui met en place des Solutions d’adaptation fondées sur la Nature, permettant non seulement d’apporter des solutions pour l’atténuation du réchauffement climatique mais aussi l’adaptation des territoires à celui-ci, grâce à des solutions s’appuyant sur la restauration et la préservation de la biodiversité.

Ronan Dantec a rebondi sur cette nécessité de sortir des logiques de silos et de créer de la cohérence dans les actions pour apporter des réponses à la hauteur des enjeux.

Pierre-André de Chalendar a relevé l’action importante des acteurs non-étatiques, remarquée lors de la COP 26 : les villes, comme les entreprises, qui « bougent, et bougent relativement vite ».

Carine de Boissezon a rappelé qu’EDF, en tant qu’énergéticien, fait face à des injonctions contradictoires souvent présentes avec la biodiversité et que c’est un sujet sur lequel il faut travailler pour « développer tout en respectant les limites de la planète ».

Arnaud Ngatcha a insisté sur l’importance d’avoir une vision systémique et inclusive de tous les acteurs pour relever les défis du dérèglement climatique.

Une table ronde sur « La lutte contre les îlots de chaleur »

L’après-midi dans le salon Bertrand, Jean-Christophe Benoit, directeur du Développement et du réseau de CDC Biodiversité, intervenait à une table ronde sur la lutte contre les îlots de chaleur, avec Anne Petitjean, avocate associée en immobilier chez Herbert Smith Freehills, Pierre Hurmic, maire écologiste de Bordeaux et Jean-Charles Bourlier, directeur général de Climespace et animée par le journaliste César Armand.

Dans son intervention Anne Petitjean, a indiqué que la lutte contre les îlots de chaleur dispose d’outils réglementaires, notamment dans les Plans Locaux d’Urbanisme, PLU, pouvant permettre de contraindre les promoteurs immobiliers à inclure des espaces verts protégés, des toitures végétalisées, etc. dans leurs constructions.

Pierre Hurmic a rebondi en évoquant l’action de la ville de Bordeaux qui mène une politique importante de sanctuarisation de grands espaces verts auparavant promis à l’urbanisation, et de création de forêts urbaines. Il a également évoqué le label « bâtiment frugal bordelais », destiné à être intégré au PLU, imposant un taux minimum de végétalisation pour chaque nouvelle construction.

Jean-Charles Bourlier a, lui, insisté sur le développement de réseaux de froid urbains combiné à la végétalisation de la ville pour lutter contre les îlots de chaleur.

Rebondissant sur toutes ces interventions, Jean-Christophe Benoit a précisé que l’action de CDC Biodiversité vise à apporter des réponses aux collectivités et aux entreprises pour les aider à relever le défi du réchauffement des villes.

« L’action de CDC Biodiversité s’inscrit dans deux approches fortes. Tout d’abord, nous insistons sur la mise en place de solutions fondées sur la nature pour répondre à ces enjeux : la végétalisation, la désartificialisation des sols, la restauration de zones humides sont des solutions efficaces pour rafraîchir les villes, à l’instar du projet de la friche Kodak à Sevran. Porté par le programme Nature 2050, ce projet de 11 ha de nature au cœur de la ville est un bel exemple de ce que l’on peut faire avec des SfN. Enfin, nous appliquons une approche systémique de la ville, vue comme un territoire à part entière, pour trouver comment les SfN peuvent permettre d’apporter des réponses à des problématiques telles que les inondations, le réchauffement, etc. »

Il est également intervenu sur la nécessaire coopération des secteurs privés et publics pour répondre aux enjeux de climat et de biodiversité. « CDC Biodiversité veut accompagner les collectivités, qui n’ont pas toujours les outils nécessaires, et qui font parfois des actions ponctuelles qui manquent d’une approche globale. Avec les nombreuses filiales du Groupe Caisse des Dépôts, nous travaillons en collaboration pour justement apporter cette vision globale et les solutions qui les accompagnent pour aider les collectivités à mettre en place ces infrastructures vertes sur leurs territoires, suivant des conceptions et des emplacements réfléchis, dans une approche de sobriété et de pérennité, et permettant aux territoires d’être plus résilients. »

Jean-Christophe Benoit a terminé son intervention sur une note positive : « Il faut rester lucides, et que chacun s’approprie, comprenne et intègre ces enjeux. Aujourd’hui, les questions de biodiversité sont de plus en plus intégrées dans les stratégies des entreprises et des collectivités. Si la biodiversité a un temps de retard sur le climat, tout le monde est d’accord aujourd’hui sur le constat de la nécessité de répondre à ces enjeux. »

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