GBS : Plénière du Club B4B+

08/11/2021

Jeudi 28 octobre 2021, le Club B4B+ de CDC Biodiversité a organisé sa plénière annuelle dans un format hybride : dans les locaux de la Caisse des Dépôts et sur Teams. L’équipe GBS est ravie d’avoir accueillie une soixantaine de personnes à la fois sur place et en ligne.

Marc Abadie © CDC Biodiversité

Chaque année, le Club B4B+ organise une réunion plénière et deux réunions « groupe de travail » pour la trentaine de grandes entreprises et institutions financières membres. La réunion plénière est centrée sur les aspects plus stratégiques (les groupes de travail étant plus techniques) et se déroule en présence d’invités de marque.

En ouverture de la Plénière 2021 du Club B4B+, Marc Abadie, président de CDC Biodiversité et Virginie Chapron-du-Jeu, Directrice des finances du Groupes Caisse des Dépôts, étaient présents en direct, et Olivia Grégoire, Secrétaire d’État auprès du ministre des Finances, chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, était présente en vidéo.

Marc Abadie a ouvert la plénière en rappelant le contexte biodiversité actuel au travers des derniers évènements internationaux (Congrès Mondial de la Nature de l’UICN et première partie de la COP15). Les entreprises, mais aussi le monde financier, ont un rôle à jouer pour contribuer à mettre fin à la perte de biodiversité. Il a salué les travaux de CDC Biodiversité avec l’outil Global Biodiversity Score, « on ne peut piloter que ce qu’on mesure et c’est l’ambition du Club B4B+ à travers l’outil GBS ».

Virginie Chapron-du-Jeu a insisté à son tour sur l’importance d’une action du monde financier en mentionnant l’engagement du Groupe Caisse des Dépôts dans le Finance for Biodiversity Pledge aux côtés de 25 institutions financières. La Caisse des Dépôts s’engage notamment à mesurer l’empreinte sur la biodiversité de l’ensemble de ses portefeuilles d’actifs (actifs immobiliers, actions, obligations) d’ici 2024 et a déjà appliqué le GBS à l’un de ses portefeuilles d’actifs lors d’une étude de cas.

Enfin, Olivia Grégoire, dans une vidéo tournée pour l’occasion, a souligné la nécessité d’une prise en compte de la double matérialité par les entreprises, c’est-à-dire la considération de l’impact de l’entreprise sur elle-même mais aussi sur son environnement. Elle a rappelé l’importance de posséder des outils de mesure d’empreinte tels que le Global Biodiversity Score et la base de données associée (BIA-GBS) pour mesurer une partie de ces risques et aider les acteurs financiers à remplir leurs obligations réglementaires.

Les interventions de membres du Club B4B+

Dans un premier temps, Nadine McCormick, Manager Nature Action au World Business Council for Sustainable Development, est revenue en détail sur les points à retenir des grands rendez-vous de biodiversité organisés en 2021 : le Congrès Mondial de la Nature de l’UICN et la première partie de la COP15. Elle a précisé que le rôle des entreprises dans la protection de la biodiversité n’est aujourd’hui plus contesté, et qu’il faut désormais se focaliser sur les actions et la manière de les réaliser. 5 entreprises se sont notamment engagées dans le Marseille Manifesto pour la protection de la nature lors du Congrès Mondial. Les attentes restent grandes pour définir le cadre biodiversité post-2020 lors de la deuxième partie de la COP15 en 2022, et la signature de la Déclaration de Kunming par les Etats parties montre leur volonté de s’engager dans la préservation de la biodiversité.

Pierre-Emmanuel Beluche, Chef du bureau finance durable de la DG Trésor, a ensuite présenté les évolutions récentes de la règlementation en matière de reporting extra-financier. Il est notamment revenu sur l’intégration de la biodiversité dans le décret d’application de l’article 29 de la Loi Energie Climat avec la nécessité d’une gestion des risques liés à la biodiversité et de l’obligation d’alignement des institutions financières aux objectifs internationaux en matière de préservation de la biodiversité. A son tour, il a insisté sur le principe de double matérialité évoqué par Mme la Ministre Olivia Grégoire et sur la nécessité de prendre en compte l’impact sur l’environnement des entreprises et institutions financières

Sylvaine Rols, Program Officer à l’UNEP-WCMC, est ensuite intervenue, indiquant qu’il n’existe pas encore de définition internationale reconnue de l’évaluation d’empreinte biodiversité mais qu’il existe de nombreuses méthodes pour la mesurer. Même si ces outils ont des périmètres et des cibles différents, ils gardent des défis communs comme la disponibilité des données ou la compréhension de l’impact sans évaluation de terrain. Elle a rappelé que le projet Align, initiative financée par la Commission Européenne à laquelle participe CDC Biodiversité, aidera à la normalisation des pratiques de comptabilité du capital naturel par les entreprises.

Tables rondes : retours d’expériences sur l’application de l’outil GBS

De gauche à droite, Laurent Deborde, Joshua Berger et Esther Finidori © CDC Biodiversité

À la suite de ces interventions, deux tables rondes ont eu lieu, permettant à certains membres de partager leurs retours d’expériences sur l’utilisation de l’outil GBS pour calculer leur empreinte biodiversité.

À la première, « Un an après le lancement du GBS, quels sont les progrès des premiers utilisateurs ? », Esther Finidori (VP Environnement de Schneider Electric) et Laurent Deborde (Head of Equity Portfolio Management & Fund Selection du Groupe Caisse des Dépôts) sont revenus sur leurs premiers essais avec l’outil GBS respectivement lors d’une évaluation d’empreinte biodiversité et lors d’une étude de cas sur un portefeuille d’actions.

Lors de la seconde, « Quels sont les retours des dernières évaluations d’empreinte et de risques financiers associés à la biodiversité ? » : Helle Herk-Hansen (VP Environnement de Vattenfall) a apporté son témoignage sur l’évaluation d’empreinte biodiversité en cours de l’énergéticien Suédois Vattenfall et sur l’application du GBS pour alimenter les étapes SBTN. Julien Calas (Chargé de recherche Biodiversité à l’AFD) est, quant à lui, intervenu sur l’utilisation du GBS dans le cadre de l’étude réalisée par la Banque de France, l’AFB, l’OFB et CDC Biodiversité, qui explore les risques financiers liés à la biodiversité en France.

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