Journée internationale de la biodiversité 2020 : « Nos solutions sont dans la Nature »

22/05/2020

CDC Biodiversité célèbre la journée mondiale de la biodiversité ce vendredi 22 mai 2020, dont le thème est cette année « Nos solutions sont dans la Nature ». Elle rappelle à cette occasion l’importance des Solutions fondées sur la Nature, SfN, qu’elle développe via de nombreuses actions pour préserver la biodiversité tout en répondant aux défis sociétaux tels que le changement climatique, la santé et le développement économique.

© Aurélien FAUCHEREAU – Duc&Préneuf Bourgogne ; Marie Voccia – CDC Biodiversité ; PERO studio Shutterstock ; © Thomas Jouanneau – PHONIC LIPS ; P. FABRE ; Matthieu Rivet – CDC Biodiversité.

Concilier développement économique et préservation de la biodiversité, grâce aux travaux de la Mission Économie de la Biodiversité, MEB

Dans les prochains jours, la Mission Économie de la Biodiversité publiera un nouveau numéro de sa revue BIODIV’2050 intitulé « Pour une intégration ambitieuse de la biodiversité dans notre société : saisir l’occasion du plan de relance post-Covid ». La MEB y rassemble un certain nombre de propositions ayant trait à une meilleure prise en compte de la biodiversité dans le système économique après la crise du Covid-19.

Afin de faire face à cette crise multidimensionnelle, l’État français est train de mobiliser des sommes significatives pour atténuer l’impact du choc et relancer promptement l’économie. Si la crise du Covid-19 a des conséquences sanitaires, économiques, sociétales et psycho-sociales considérables, le plan de relance est une opportunité pour bâtir les fondations d’une société soutenable et résiliente face aux crises futures. Les erreurs du passé doivent cependant être évitées et il est essentiel d’intégrer les enjeux liés à la préservation de la biodiversité dans la restructuration de notre société dans un perspective de long terme.

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Forte de son expérience, la MEB a élaboré 34 propositions concrètes pour intégrer pleinement la biodiversité dans le système économique post-Covid, déclinées selon plusieurs catégories : cadre international et européen, ambition nationale, rôle des collectivités territoriales, réorientation des stratégies d’entreprise, place des scientifiques et des associations, transition agroalimentaire, santé humaine, enjeux d’aménagement et de développement de la nature en ville, éducation et emploi.

Développer la biodiversité en ville

La prise en compte de la biodiversité dans les espaces extérieurs procure de nombreux avantages pour améliorer le cadre de vie, créer du lien social et adapter les villes au changement climatique : limitation des îlots de chaleur, approvisionnement alimentaire local (agriculture urbaine et péri-urbaine) et gestion des eaux pluviales.

Pour la ville également, les solutions mises en œuvre sont en grande partie issues de la nature. En effet, les solutions fondées sur la nature, en lien avec des pratiques agroécologiques, permettent d’envisager la ville comme un espace résilient et durable.

Des outils nouveaux de conception, réalisation et de gestion de long terme des espaces extérieurs, tel que le Contrat de Performance Biodiversité (CPB), permettent d’engager des démarches en ce sens.

C’est le parti qu’a pris ICADE, sur son parc d’activité de Rungis. En confiant à CDC Biodiversité la mise en œuvre d’un CPB, ICADE souhaite améliorer le cadre de vie des usagers et contribuer à la régénération de la biodiversité. Les premiers travaux ont notamment consisté à renaturer le bassin minéral du bâtiment Strasbourg.

Courant juin, des toitures végétalisées, couplées à des panneaux photovoltaïques, seront posées. Projet mené en lien avec les sociétés Vertige, Solstyce et le Laboratoire Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris.

©Matthieu Rivet – CDC Biodiversité

 © P FABRE

Les actions de compensation et de restauration de la biodiversité, réalisées sur l’ensemble du territoire par les 3 agences régionales de CDC Biodiversité

Les travaux de compensation réalisés par l’agence Sud-Est sur le site de Cossure, situé à Saint-Martin-de-Crau (13), lui ont permis de devenir officiellement le 1er site naturel de compensation écologique en France, agréé par l’État fin avril 2020. La loi pour la reconquête de la biodiversité 2016 (article 69) mentionne que le site naturel de compensation permet de « mettre en œuvre les mesures de compensations […] de manière à la fois anticipée et mutualisée ».

En créant une zone humide sur un site de 5 hectares, sur la commune de Saint-Marcel en Saône-et-Loire (71), l’agence centrale remplace depuis quelques mois un ancien champ de culture intensive de céréales, hyper artificialisé par un espace naturel riche en biodiversité qui sera bientôt ouvert au public. Il pourra se promener au milieu des espèces diversifiées plantées : 3 350 arbres, 13 000 vivaces et plantes de berge afin de réaliser une roselière et 50 557 m² de prairie. Dès l’automne, les premiers résultats seront visibles.

© Aurélien FAUCHEREAU – Duc&Préneuf Bourgogne

 ©Marie Voccia – CDC Biodiversité

CDC Biodiversité possède 5 hectares de côteaux sur la commune de Pimbo, petite commune des côteaux du Tursan, située dans les Landes de Gascogne (40). Elle a fait le choix de l’entretenir au moyen d’un troupeau d’ânes des Pyrénées, qui pâture l’ensemble de ce site très pentu depuis 2019. Cette gestion écologique est mise en place au titre des mesures compensatoires biodiversité de l’A65 que CDC Biodiversité réalise pour le compte d’A’LIÉNOR.

Le 18 mai dernier, lors de la remise en pâturage printanier du site, les équipes de l’agence Sud-Ouest ont observé au milieu des nombreuses orchidées habituellement présentes : l’Orchis pyramidale, l’Orchis moucheron, l’Ophrys mouche, la Serapias langueet la Platanthère ou Orchis vert, une nouvelle découverte : une trentaine de pieds de la superbe d’Ophrys abeille. Pas si rare dans ces zones de côteaux, l’Ophrys abeille figure toutefois sur la liste rouge régionale d’Aquitaine des espèces menacées.

Les insectes avec notamment les papillons ne sont pas en reste car le rare Damier de la Succise, protégé par la Directive européenne Habitats-faune-Flore fréquente aussi le site. Les enjeux de conservation de ces côteaux de la vallée du Gabas, au pied desquels un cours d’eau serpente, ont même justifié leur classement en site Natura 2000 (Côteaux du Tursan, n°FR7200771).

Nature 2050 : les solutions fondées sur la nature face au changement climatique

La biodiversité offre aux territoires des solutions pour lutter contre le changement climatique, tant pour l’atténuation de ce changement qu’en terme d’adaptation (réduction de risque inondation, des îlots de chaleur en ville, de la submersion marine, de l’érosion des sols et amélioration de la gestion et de la qualité de l’eau). Initié en 2016, le programme Nature 2050 vise à concrétiser la mise en œuvre de telles solutions fondées sur la nature en soutenant des projets de territoire à horizon 2050. Aujourd’hui, les 34 projets du programme Nature 2050 représentent au total 532 hectares, dont une surface d’intervention Nature 2050 de 90 hectares.

L’action du programme Nature 2050 de CDC Biodiversité est cruciale dans un contexte de changement climatique afin d’offrir aux populations et générations futures une qualité de vie respectueuse de leur santé et de leur bien-être.

Baie de l’Aiguillon – CRASSATS

L’outil inédit de mesure d’empreinte biodiversité : le Global Biodiversity Score – GBS

Le 12 mai dernier, l’outil de mesure de l’empreinte biodiversité Global Biodiversity Score a été officiellement lancé lors d’un webinaire qui a rassemblé plus de 350 personnes. À cette occasion, les membres et experts du Club B4B+, ainsi que l’équipe GBS ont présenté l’outil et ses prochaines formations et licences.

La perte de biodiversité se produit à un rythme alarmant au niveau mondial : 10% de l’intégrité des écosystèmes devraient être perdus entre 2010 et 2050, alors qu’il ne restait déjà que 65% de biodiversité en 2010. L’ambitieuse trajectoire des Nations-Unies d’un gain de 20% net de biodiversité d’ici 2050 demande d’inverser radicalement la courbe de perte de la biodiversité.

L’utilisation de l’outil GBS par les entreprises et institutions financières au niveau national et international permettra de mesurer leur contribution, positive ou négative, à l’atteinte des objectifs internationaux et fournira les moyens de mettre en œuvre une transition écologique de nos sociétés, y compris à travers des solutions fondées sur la nature.