Lancement officiel du Global Biodiversity Score 1.0 : un événement à distance largement suivi

13/05/2020

Plus de 350 personnes ont participé au lancement officiel interactif du Global Biodiversity Score qui a eu lieu mardi 12 mai 2020 par webinaire en raison du contexte sanitaire. L’équipe GBS ainsi que les membres et les experts du Club B4B+ ont présenté la 1e version de cet outil de mesure de l’empreinte biodiversité en développement depuis 5 ans.

Retour sur les temps forts de cet événement : présentation de l’outil de ses enjeux, des formations et licences, mais également les témoignages de trois membres du Club B4B+ Mirova, Schneider Electric et Solvay.

La crise que nous connaissons actuellement souligne encore plus l’urgence de lutter contre la dynamique d’effondrement de la biodiversité et d’identifier ses causes principales pour progresser vers un modèle de société plus durable. L’outil Global Biodiversity Score porte précisément l’ambition de mesurer nos impacts pour mieux les réduire

Marc Abadie, président de CDC Biodiversité a introduit ce webinaire et a remercié l’ensemble des partenaires de ce projet parmi lesquels particulièrement l’Office Français de la Biodiversité, la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité, L’Organisation de Coopération et de Développement Économique, le Ministère de La Transition Ecologique et Solidaire, et plus largement tous ceux qui ont participé au suivi et au développement de l’outil durant ces cinq années.

De gauche à droite : Marc Abadie, président de CDC Biodiversité, Sibylle Rouet-Pollakis, chargée d’étude et data scientist, Joshua Berger, chef du projet GBS et Patricia Zhang, chargée d’étude et data scientist de CDC Biodiversité © ISJU – CDC Biodiversité

Présentation de l’outil par l’équipe GBS : contexte et éléments clés

Joshua Berger, chef du projet GBS a ensuite recontextualisé le développement de l’outil au cours des cinq dernières années. D’importants travaux ont été menés afin de comparer les inconvénients et les limites des outils existants, pour tenter de guider les entreprises dans leur choix d’outil de mesure de la biodiversité. Ce constat a mis en évidence le besoin incontestable d’un outil axé sur la biodiversité elle-même et pas seulement sur les services écosystémiques.

Trois grandes tendances incitent les entreprises à mesurer leur empreinte biodiversité : l’importance de mesurer les risques et les opportunités opérationnelles, la demande de nombreux investisseurs et les futures obligations réglementaires.

Le GBS converge avec la douzaine d’outils de mesures d’empreintes déjà existants à l’échelle mondiale, mais sa particularité est celle de se concentrer sur les portefeuilles d’actifs des entreprises et institutions financières.

Pour la majorité des secteurs économiques, le GBS couvre à l’heure actuelle les pressions terrestres et maritimes suivantes identifiées par l’IPBES :

  • Le changement d’usage des sols et océans
  • L’exploitation directe
  • Le changement climatique
  • La pollution

« L’outil GBS doit être considéré comme une boussole indiquant la direction dans laquelle aller, et son développement va se poursuivre pour renforcer sa robustesse » a-t-il conclu.

Le comité de revue critique du GBS

Antoine Vallier, expert au sein de l’équipe GBS, a présenté le comité de revue critique du GBS. Un panel de parties prenantes émet un avis sur la cohérence de l’outil avec les politiques publiques et les autres outils existants. En parallèle, un panel d’experts internationaux effectue une revue technique de l’outil. Onze rapports techniques issus de cette revue critique vont décrire de manière détaillée la méthodologie du GBS.

« La revue critique est un exercice exigeant qui permet de significativement renforcer l’outil GBS. La documentation produite à cette occasion participera à la grande transparence du GBS. », Antoine Vallier, expert GBS.

Le Club B4B+, les formations au GBS et les licences

Sybille Rouet-Pollakis et Patricia Zhang, chargées d’étude et data scientists ont respectivement exposé les modalités de licences et de réalisation d’évaluations d’empreinte biodiversité avec le GBS. Rose Choukroun, chargée de projets a présenté les formations GBS.

CDC Biodiversité organisera dès juillet 2020 les formations suivantes :

  • Niveau 1 : cible toute personne désireuse de comprendre comment établir un lien entre la biodiversité et les activités économiques.

Cette formation d’une journée permettra l’acquisition d’une maîtrise nécessaire du processus de collecte de données et de l’interprétation des résultats, pour avoir la capacité d’appuyer le déroulement d’une évaluation d’empreinte biodiversité.

  • Niveau 2 : permet aux participants de maîtriser de manière autonome l’outil GBS pour conduire des évaluations d’empreinte biodiversité pour votre structure.

Cette formation de deux journées sera accessible à condition d’avoir validé la formation de niveau 1. Cette deuxième formation vise à approfondir les éléments de l’outil GBS pour une meilleure maîtrise des : données d’entrée, résultats, composants, et enfin des fonctionnements et calculs.

Sarah Maillard, analyste pour l’Investissement Socialement Responsable, Mirova ; Xavier Houot, Senior Vice President Sustainable Business & Operations, Schneider Electric et Thomas Andro, responsable développement durable, Solvay Way © CDC Biodiversité

Retour d’expériences de Solvay, Mirova et Schneider Electric, membres du Club B4B+

Le Club des entreprises pour une Biodiversité Positive, ou Club B4B+, un est un groupe de 26 entreprises et 10 institutions financières qui soutiennent l’émergence du GBS. Trois de ses membres ont partagé la manière dont le Club et le GBS ont appuyé leur stratégie biodiversité.

Thomas Andro, responsable développement durable chez Solvay, a témoigné de l’importance de cet outil pour mesurer l’impact des activités sur la biodiversité, aussi bien au niveau local que le long de la chaîne de valeur de l’entreprise.

Sarah Maillard, analyste pour l’Investissement Socialement Responsable pour Mirova, a notamment partagé la nécessité de l’intégration de l’outil GBS dans la mesure des performances financières, a fortiori pour ceux qui porte l’ambition d’investissement à impact positif.

Xavier Houot, Senior Vice President Sustainable Business & Operations de Schneider Electric, a présenté les résultats de la toute première évaluation à l’échelle d’une entreprise internationale et souligné l’utilité du GBS pour la construction d’une stratégie de préservation de la biodiversité afin d’appréhender ses impacts.

Les perspectives

Antoine Cadi, Directeur de la Recherche et de l’Innovation a évoqué les enjeux d’un tel outil. « Le GBS qui vient d’être présenté est un outil pour mesurer l’empreinte biodiversité des entreprises et des portefeuilles financiers. Il n’est ni l’alpha, ni l’oméga, mais présente plusieurs qualités qui permettent sans attendre de faire l’exercice de mesurer notre impact sur la biodiversité mais également de commencer à réfléchir aux engagements que chacune de nos structures peut et peut-être doit prendre. »

Il a ensuite rappelé qu’il est nécessaire d’être aux rendez-vous que proposent l’UICN puis les Nations Unies début 2021. « Il en va de notre capacité à faire évoluer nos modèles, nos systèmes de production, peut-être même la finalité de certaines de nos actions. Il en va enfin de notre capacité à la fois à assurer une pérennité à nos activités tout en répondant à l’impérieuse nécessité d’œuvrer en faveur de la transition environnementale et sociale. »

Les publications de la Mission Économie de la Biodiversité à propos du GBS

Le club B4B+
B4B+
Working Paper
B4B+

Prochains rendez-vous :

  • Juillet : webinaire de présentation technique du GBS et premières formations
  • 22 septembre 2020, présentation à la Caisse des Dépôts (Paris, 7e)
  • Automne : groupes de travail et les sessions de formations de niveaux 1 et 2.

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