L’évènement de présentation du Global Biodiversity Score du 22 septembre 2020 : des échanges riches pour la mesure d’empreinte

23/09/2020

Mardi 22 septembre 2020, CDC Biodiversité a organisé dans les locaux du Groupe Caisse des Dépôts une présentation du Global Biodiversity Score.

Cet évènement qui a accueilli plus de 50 personnes en présentiel avec une retransmission suivie par plus de 200 personnes, a été l’occasion d’échanges riches entre des experts nationaux et internationaux, issus des mondes scientifique et politique, et des membres du Club B4B+ sur les enjeux de cet outil de mesure d’empreinte biodiversité, son fonctionnement et les premiers retours d’expérience.

Lors de l’ouverture de l’évènement, Marc Abadie, président de CDC Biodiversité a accueilli Éric Lombard, Directeur général du Groupe Caisse des Dépôts avant de laisser la parole à Bérangère Abba, Secrétaire d’État auprès de la Ministre de la Transition écologique, chargée de la Biodiversité.

Ils ont noté la nécessité d’une collaboration entre le monde économique et les institutions politiques pour un changement en profondeur, en intégrant la biodiversité au cœur des préoccupations communes grâce à une meilleure appréhension du sujet.

Attentes et ambitions en perspective de la COP 15

Anne Larigauderie, secrétaire exécutive à l’IPBES, Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services, a axé son intervention sur l’importance de l’engagement du secteur privé sur le sujet de la biodiversité. « IPBES conclut que le changement transformateur nécessite l’implication de tous et, en particulier, du monde des entreprises. Et qu’il faut donc, en urgence, fournir à ces entreprises des outils appropriés pour mesurer leur impact dans différents secteurs d’activité et puis pour leur permettre également de comprendre l’impact des mesures qu’elles pourraient prendre sur leur environnement ». Elle a souligné que l’outil GBS répond parfaitement à cette urgence, et qu’il sera l’un des outils qui seront évalués par le prochain rapport de l’IPBES sur la mesure d’empreinte.

Ce dernier sera lancé par l’IPBES en novembre prochain avec l’appel à experts pour participer à son élaboration, auquel CDC Biodiversité répondra favorablement.

Humberto Delgado, directeur de Natural Capital in DG Environment de la Commission Européenne, a quant à lui fait part du rôle essentiel de l’outil GBS, qui s’inscrit ainsi dans les nouveaux engagements stratégiques de l’Europe en matière de taxonomie et de comptabilité des entreprises. En effet, l’UE souhaite intégrer la biodiversité dans le processus décisionnel des entreprises. « Nous célébrons aujourd’hui le fait que nous avons franchi une nouvelle étape vers des outils de mesure opérationnel, c’est une occasion de saluer le fait que CDC Biodiversité a mis au point cette méthode, via le GBS. ».

Elizabeth Maruma Mrema, secrétaire exécutive de la Convention de l’ONU sur la Diversité Biologique, a quant à elle insisté sur la nécessité de fournir aux secteurs publics et privés des outils pour comprendre leur impact sur la biodiversité afin de renverser la tendance mondiale en faveur de la biodiversité.

Global Biodiversity Score : présentation et fonctionnement de l’outil

L’après-midi était l’occasion pour les membres de l’équipe de CDC Biodiversité de présenter l’outil en détail.

Joshua Berger, Chef du projet GBS, est revenu sur l’importance d’avoir des outils de mesure comparables pour la biodiversité afin de combattre de façon adéquate la perte de la biodiversité. Il a rappelé que le GBS s’inscrit dans des initiatives telles que Aligning Biodiversity Measures for Businesses (ABMB), le Natural Capital Protocol Biodiversity Supplement, le Biological Diversity Protocol (BD Protocol) ou le EU Business@ Biodiversity (B@B) qui établissent un terrain d’entente sur lequel les entreprises peuvent s’appuyer pour ajuster la cohérence et la compatibilité entre les différentes approches. Il a insisté sur le fait que les outils d’évaluation des impacts doivent être compatibles les uns avec les autres pour dissiper les risques de cacophonie et de malentendus qui alimentent l’inaction.

Sibylle Rouet Pollakis, chargée d’études GBS, a présenté le Club B4B+ et la licence GBS, puis Patricia Zhang, Chargée d’études GBS, les évaluations d’empreinte biodiversité et démonstration du GBS. Enfin, Rose Choukroun, Chargée de projets GBS, a expliqué comment s’informer et se former au GBS.

Table ronde « Mobilisation des acteurs économiques en faveur de la mesure de l’empreinte biodiversité »

Animée par Antoine Cadi, Directeur Recherche et innovation de CDC Biodiversité.

Sylvaine Rols, Programme officer de l’UNEP-WCMC, a présenté l’Aligning Biodiversity Measures for Business, ABMB, dont le but est « d’établir une vision commune entre les acteurs du secteur privé en matière de mesure, suivi et reporting. » afin de trouver des « solutions pour mieux évaluer l’efficacité et la coordination des cibles et objectifs internationaux pour la biodiversité ». Les réflexions menées au sein des différents groupes de travail ont abouti au Guide Biodiversité accompagnant le Natural Capital Portocol, qui sera publié le 29 septembre 2020.

Pascal Chalvon, Chief Sustainability Officer chez Solvay, a fait part de la manière dont le GBS a appuyé leur stratégie biodiversité, élément-clé pour eux, car ils sont en amont de nombreuses chaines de valeur. Ils se sont ainsi rendu compte que selon leur provenance, leurs matières premières avaient des impacts différents. Ces prises de conscience, les ont menées à un engagement progressif et systématique en faveur de la biodiversité en amont de leur chaine de valeur.

Christine Prouin, responsable performance RSE à la Française des Jeux, a mis en avant que la perte de la biodiversité ait un risque majeur pour la FDJ. Ainsi, l’entreprise souhaite faire évoluer son impact biodiversité, et plus particulièrement concernant leur empreinte sur l’exploitation forestière, car tous leurs supports de jeux sont en papier certifié FSC. La FDJ veut ainsi pouvoir valoriser ce label grâce au GBS.

Pour Eva Zabey, Executive director Business for Nature, « on a besoin d’aller au-delà, plus loin que juste être en compétition sur les méthodologies, on doit être en compétition pour les entreprises sur leur performance ». Un travail important est à faire sur le système règlementaire et financier qui doit récompenser les entreprises qui s’engagent et valoriser l’action des entreprises pour amplifier les politiques visant à inverser la perte de la biodiversité.

La première évaluation : le cas Schneider Electric

Xavier Houot, Senior VP- Chief Environment Officer, de Schneider Electric reconnait que son entreprise à un impact sur la biodiversité et donc contribue à sa détérioration. Cependant, elle cherche à progresser et arriver à une empreinte biodiversité qui soit positive. « On voulait aller plus loin dans la quantification, l’objectification, l’outillage, grâce au GBS, de nos empreintes et de nos leviers d’action ». Leurs axes de progrès se sont confirmés par l’utilisation du GBS : les emballages et l’extraction de cuivre. « On a choisi GBS et CDC Biodiversité pour différentes raisons, car on a l’obsession de la rigueur, de l’outillage, de la digitalisation de la donnée et de la recherche dans des univers pas encore très mature. », « On a envie d’avoir un partenaire qui nous permette d’aller chercher dans nos retranchements l’origine du cuivre, du carton ».

Ce partenariat pionnier a abouti à l’élaboration de deux recueils, fait en collaboration avec CDC Biodiversité, qui partagent leur engagement pour de meilleures pratiques et promeut l’évaluation d’impact sur la biodiversité.

  • Assessing Biodiversity footprint, the opportunity to accelerate Corporate Biodiversity strategy
  • Raise corporate biodiversity ambition & aim at no net loss.

Table ronde « Attentes et enjeux pour les acteurs de la finance »

Animée par Antoine Vallier, expert GBS de CDC Biodiversité

Philippe Zaouati, CEO de Mirova, a évoqué les risques et opportunités d’inscrire les préoccupations en faveur de la biodiversité dans un cadre global. « Le capital naturel devient progressivement une nouvelle classe d’actifs dans lequel on peut investir. » Cela nécessite cependant des données systématiques et massives, qui doivent être validées de façon internationale par des normes. L’expertise de CDC B sera au cœur de ce nouveau marché.

Marine de Bazelaire, Head of Sustainability, HSBC Continental & International Europe, a rappelé que les risques liés à la biodiversité sont physiques, réglementaires, réputationnelles et liés à la stabilité financière. « On a besoin en interne de comprendre ces enjeux-là, pour les intégrer dans notre gestion des risques. » car « on va avoir besoin de « pricer » l’impact économique positif d’une biodiversité restaurée ». Elle appelle, elle aussi à une normalisation internationale.

Marie-Anne Vincent, Directrice politique durable chez Carbone4Finance, a orienté son intervention sur les besoins de métriques et de données afin de mesurer et quantifier les pressions sur la biodiversité de chaque secteur d’activité. Pour elle, la mesure de l’empreinte sur la biodiversité couvre finalement tous les enjeux sociétaux.

Pour Nathalie Lhayani, Directrice Politiques Durables à la Caisse des Dépôts, tous les ingrédients sont là pour une redirection de l’économie pro nature, il faut rappeler les impacts économiques de la non-action. Cependant, bien qu’il y ait une tendance parmi les acteurs financiers à prendre des engagements, il manque des métriques fiables, des indicateurs transparents, couvrant l’ensemble des pressions et impacts. L’outil GBS, élaboré avec l’ensemble des parties prenantes peut permettre d’intégrer la biodiversité dans les portefeuilles d’actions.

Pour clôturer cet évènement, Simon Buckle, Division Head of Climate, Biodiversity and Water de l’OCDE, a rappelé la nécessité de la prise en compte du vivant dans la construction d’un nouveau modèle de société. Pour ce faire, des outils comme le GBS peuvent être la clé vers une restauration de la biodiversité, dont nous sommes dépendants.