Participation de la Mission économie de la biodiversité et du Club B4B+ à un groupe de travail organisé par l’Institut de la Finance Durable
Mercredi 10 décembre a marqué le lancement d’un nouveau cycle du Groupe de Travail (GT) Adapt’Eco consacré au tourisme. Piloté par CDC Biodiversité dans le cadre de sa contribution de CDC Biodiversité au projet Life Intégré ARTISAN, le GT Adapt’Eco s’adresse aux acteurs économiques et a pour objectif de promouvoir les Solutions fondées sur la Nature.

L’institut de la Finance Durable

L’Institut de la Finance Durable coordonne et accélère l’action de la Place financière de Paris dans la réalisation de la transition écologique, en ligne avec les objectifs de l’Accord de Paris. Au sein de son groupe de travail dédié aux enjeux nature, l’IFD soutient ses membres dans l’intégration de la biodiversité dans leurs stratégies financières et partage les initiatives favorables à la nature.

C’est dans ce contexte que l’IFD a convié les équipes de la MEB et du Club B4B+ pour revenir sur les principaux enseignements d’une étude récemment publiée sur les enjeux d’intégration de la biodiversité dans les exercices de reporting des acteurs économiques et les perspectives en matière de transformation volontaire de modèles d’affaires.

La dernière étude de la MEB

La séance fut ouverte par Bastien Éclimont, économiste de l’environnement au sein de la Mission économie de la biodiversité (MEB), qui est revenu sur les enjeux et difficultés associés à l’intégration des données environnementales dans les processus de décision économique. C’est de ce constat que découle aujourd’hui l’ensemble des cadres de reporting extra-financier, qui visent notamment à fournir aux parties prenantes (partenaires financiers, investisseurs, clients…) des données fiables pour orienter les arbitrages économiques en faveur de la transition écologique et inciter les entreprises à réorienter leurs modèles d’affaires pour s’inscrire dans une trajectoire soutenable.

Par la suite, Léopoldine Geadas, chargée de mission à la MEB, a pu revenir sur l’analyse approfondie des déclarations d’enregistrement universelles des entreprises composant l’indice Euro Stoxx 50. Plusieurs dynamiques sectorielles ont ainsi pu être mises en avant. Il ressort de ces analyses que, malgré une disponibilité des données du fait des exigences réglementaires associées, l’absence d’harmonisation des outils de collecte ou des métriques mobilisés complexifient l’objectivation de l’état de maturité des acteurs.

Enfin, Mathieu Douziech a pu présenter l’évaluation des entreprises du CAC 60 dans le cadre du fonds biodiversité porté par la Banque de France et la Caisse des Dépôts et géré par BDF-Gestion. Cette analyse, inspirée de l’approche LEAP de la TNFD, combine une approche quantitative (via le Global Biodiversity Score – GBS) et qualitative, selon trois critères : transparence, performance actuelle et engagement dans la transition. Les résultats révèlent que, malgré une bonne transparence des organisations sur leurs impacts en Scope 1, la biodiversité demeure encore trop souvent marginale dans les stratégies des entreprises.

Une vision partagée entre l’IFD et CDC Biodiversité

Le paysage du reporting nature se consolide ces dernières années avec l’émergence de plusieurs cadres règlementaires et volontaires. Ces cadres donnent lieu à des premiers retours d’expérience qui peuvent servir de base à une identification de bonnes pratiques côté entreprises et institutions financières. Ils mettent également en évidence les difficultés opérationnelles que rencontrent les acteurs économiques.

A travers leurs travaux respectifs, CDC Biodiversité et l’Institut de la Finance Durable partagent différents leviers d’action afin d’accélérer la mise en œuvre du reporting et permettre aux entreprises de mieux saisir leurs dépendances, leurs impacts, leurs risques et opportunités liés à la nature. L’enjeu réside dans la création d’une approche complémentaire où les données collectées dans le cadre de l’exercice de reporting permettent aux organisations de structurer leurs engagements sur les enjeux nature, et d’engager une réflexion plus large sur la transformation des modèles d’affaires, ainsi que la mise en œuvre de plans de transition.