Le 20 avril 2026, CDC Biodiversité, la Banque Européenne d’Investissement et PwC Luxembourg ont organisé conjointement un événement pour restituer les résultats de l’étude de marché menée en partenariat depuis plus d’un an. Réalisée auprès de 37 acteurs économiques français, l’étude formule des recommandations concrètes pour structurer, crédibiliser ce marché, et favoriser l’engagement des acteurs économiques. L’occasion pour les acteurs économiques et institutionnels présents dans l’auditorium de la Banque de France, d’appréhender avec précision les enjeux, les défis et les perspectives liés au développement du marché des certificats biodiversité.
Claude Piot, Secrétaire Général Banque de France
L’érosion de la biodiversité : un risque qui se matérialise
Claude Piot, Secrétaire Général de la Banque de France a introduit sur le risque systémique que constitue l’érosion de la biodiversité pour les systèmes financiers ainsi que pour l’ensemble du tissu économique. De manière réciproque, les flux financiers façonnent profondément les écosystèmes. Cette logique de double matérialité s’impose aujourd’hui à l’ensemble des acteurs. Elle nécessite une identification claire des responsabilités, la construction d’une stratégie de long terme de transformation des activités, et la mobilisation de mécanismes d’investissement innovants pour agir concrètement en faveur de la conservation et de la restauration de la biodiversité.
Le certificat biodiversité comme outil de financement innovant
Marianne Louradour, présidente de CDC Biodiversité et Ambroise Fayolle, vice-président de la Banque européenne d’investissement ont rappelé l’historique et l’essence de leur partenariat : voir émerger des nouveaux instruments de marché en faveur de la restauration de la biodiversité. L’objectif de cette étude : identifier les freins et leviers permettant de combler le décalage persistant entre, d’un côté, des projets à haute intégrité, robustes et encadrés, et de l’autre, une demande privée encore marginale. L’analyse de l’offre et de la demande met à jour trois grands segments de marché : celui de la conservation, celui des changements de pratiques, notamment agricoles et forestières ; et celui de la restauration écologique plus classique type SNCRR.
Marianne Louradour, présidente CDC Biodiversité Ambroise Fayolle, Vice-président BEI
Anne le Strat directrice générale déléguée à l’Office Français de la Biodiversité
Les enjeux de restauration écologique à l’échelle nationale
Anne le Strat directrice générale déléguée à l’Office Français de la Biodiversité est revenue sur le Règlement Restauration et sa déclinaison en cours au sein du Plan national de Restauration. L’identification des zones, la concertation territoriale et le financement des opérations constituent un triptyque indissociable. Le certificat biodiversité représente un outil de financement de la conservation et de la restauration très encadré par la puissance publique dans le modèle français avec les SNCRR. Si le premier des enjeux reste l’évitement et la réduction des impacts, l’état de dégradation actuel nécessite un soutien des acteurs économiques au projet de restauration.
Des résultats structurants pour l’ensemble de l’écosystème
À l’issue de la présentation des résultats de l’étude, une table ronde réunissant Sabine Bourdy, Camille Maclet, Martin Vaquié, Jérôme Beillin et Audrey Coreau est revenue sur les conclusions de l’étude et sur son apport pour structurer le marché. Il ressort des échanges la nécessité de construire une infrastructure de marché uniforme à l’échelle européenne afin d’assurer l’homogénéité et la lisibilité de l’offre pour les acheteurs. Pour assurer l’appétence de la demande, une clarification des contributions privées dans l’atteinte des objectifs de politique publique, ainsi que des travaux sur l’attractivité économique du dispositif devront être réalisés.
Ce rapport, ainsi que les échanges qu’il a suscités, a permis de mettre en lumière l’état actuel du marché, mais aussi ses perspectives de long terme. Il constitue à ce titre une base de discussion structurante pour l’élaboration de la feuille de route « crédit nature », pour les États membres qui réfléchissent à la manière d’accroître les flux de financement, et plus largement pour l’ensemble de l’écosystème.
De gauche à droite : David Magnier, Camille Maclet, Martin Vaquié, Jérôme Beillin, Audrey Coreau et Sabine Bourdy
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