CDC Biodiversité a participé à la 5e édition du Forum Biodiversité et Économie, les mercredi 13 et jeudi 14 novembre 2024, à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris. Comme tous les 2 ans, l’Office français de la biodiversité organise cet événement qui rassemble les entreprises, associations et experts pour échanger, découvrir des outils concrets et trouver des solutions concrètes. Le thème de cette édition 2024 portait sur « Les entreprises en transition pour le vivant ».
CDC Biodiversité est intervenue au Forum Économie et Biodiversité 2024, un rendez-vous clé pour explorer les liens entre activités économiques et préservation de la biodiversité. Cet événement rassemblait experts, décideurs et acteurs économiques autour d’une mission commune : intégrer la biodiversité au cœur des stratégies d’entreprise. À travers plus de 60 ateliers et 3 plénières, les participants ont pu approfondir huit thématiques essentielles – de l’aménagement à l’accompagnement territorial, en passant par l’agroalimentaire, le financement et la transformation des métiers. Ce forum a permis de mettre en lumière des solutions concrètes pour faire converger croissance économique et préservation des écosystèmes.
Mercredi 13 novembre
Objectif ZAN | Comment les entreprises et les collectivités peuvent-elles collaborer efficacement ?
Jean Castaing, chargé de projets au Pôle Expertise de la Mission économie de la biodiversité (MEB) de CDC Biodiversité, a animé un atelier organisé par l’ADEME sur la collaboration entre entreprises et collectivités pour atteindre l’objectif de Zéro Artificialisation Nette (ZAN). Anne Lefranc de l’ADEME et Célia Darrisse de La Poste Immobilier participaient également à la discussion sur le ZAN comme une opportunité de repenser les modèles d’aménagement en intégrant une approche écologique qui bénéficie également à l’économie locale.
Anne Lefranc a souligné que « l’idée n’est pas de densifier les espaces, mais de réinscrire les espaces dans une transition écologique, » insistant sur l’importance de l’harmonie entre développement économique et préservation des sols.
Elle a précisé qu’au-delà de l’artificialisation, cet objectif inclut aussi l’amélioration et la valorisation des espaces existants. Depuis 2019, l’ADEME s’est engagée à rénover un million de mètres carrés de ses espaces verts d’ici 2030, un effort en faveur de la biodiversité qui contribue indirectement aux objectifs de ZAN.
Célia Darrisse a apporté son expertise sur les actions de La Poste Immobilier, qui s’inscrit également dans cette démarche en explorant des solutions pour minimiser l’impact écologique de ses infrastructures. L’objectif ZAN devient ainsi un levier pour une approche plus durable et inclusive dans la gestion des espaces, tout en renforçant les synergies entre les acteurs publics et privés pour une transformation écologique des territoires.
Cet atelier a permis de mettre en lumière l’importance d’une stratégie collective et concertée, où la préservation de l’environnement se conjugue avec l’essor d’un modèle d’aménagement durable et résilient pour les générations futures.
Financement | Quelle place pour les crédits biodiversité en France et en Europe ?
Co-organisé par CDC Biodiversité et l’Organization for Biodiversity Certificate (OBC) un atelier sur la place des crédits biodiversité en France et en Europe était animé par Valentine Norève, responsable du programme Nature 2050 de CDC Biodiversité, avec Romain Julliard, Joshua Berger, Laurent Piermont, Amélie Coantic, Rachel Kolbe Semhoun, Jean Christophe Benoit.
Les discussions se sont concentrées sur les dispositifs de compensation écologique et de restauration des écosystèmes, avec un accent sur le modèle français des Sites naturels de compensation, de restauration et de renaturation (SNCRR), reconnu pour son encadrement rigoureux. L’importance des crédits biodiversité a été soulignée comme un levier essentiel pour encourager l’engagement des entreprises en faveur de la nature, vu comme une préparation aux défis futurs. Parmi les enjeux abordés, les questions de la mesure de l’équivalence écologique, de la précision des indicateurs et de la vérification des gains obtenus ont suscité des échanges sur la nécessité de financer davantage les projets de restauration.
Les intervenants ont également insisté sur la prise en compte des acteurs locaux dans les chaînes de valeur des entreprises, ainsi que sur l’importance d’une responsabilité partagée des entreprises pour avancer dans la création de crédits biodiversité.
Par ailleurs, le besoin d’un système de sécurité pour garantir des partenariats durables a été exprimé, afin de renforcer la mobilisation des acteurs publics et privés. Enfin, la hiérarchisation des pratiques de restauration et de compensation a été identifiée pour évaluer leur efficacité et prioriser celles qui génèrent de réels gains de biodiversité, appelant ainsi à une compensation environnementale ambitieuse et adaptée aux urgences écologiques. Cet atelier a permis de tracer des pistes concrètes pour une meilleure intégration de la biodiversité dans l’économie, rappelant que la restauration et la renaturation sont au cœur des modèles de développement durable.
Innovations des éco-entreprises pour la biodiversité | Activités dédiées & mutation des emplois
L’atelier « Innovations des éco-entreprises pour la biodiversité », organisé par PEXE et animé par Sophie Gentils, a présenté des solutions novatrices pour allier performance économique et préservation de la biodiversité. Cet atelier a permis de mettre en lumière les initiatives développées par les éco-entreprises, avec un accent particulier sur leur intégration dans les projets d’aménagement des infrastructures olympiques portés par la SOLIDEO, dans le cadre des Jeux Olympiques 2024.
Michele Dominici, représentant de la SOLIDEO, a partagé le projet d’intégration écologique prévu pour la phase « héritage » des villages olympiques et des médias, qui seront reconvertis en espaces de vie durable après les Jeux. Morgane Guérin, responsable du pôle Nature en Ville chez CDC Biodiversité est intervenue à la suite pour présenter l’accompagnement fourni par CDC Biodiversité dans cette phase d’héritage. Ce programme innovant de suivi participatif comprend quatre programmes de sciences participatives destinés au grand public et deux programmes dédiés aux professionnels, ainsi que des animations pour les habitants, le suivi écologique des sols, et le lancement d’une plateforme numérique pédagogique permettant de suivre l’évolution écologique de ces espaces.
En plus de ces initiatives, huit éco-entreprises sélectionnées ont présenté leurs projets phares suivis de sessions de questions-réponses avec le public. Cet atelier a exposé les possibilités de concilier aménagement urbain, biodiversité et engagement citoyen dans une perspective durable, ancrée dans l’héritage des infrastructures olympiques.
Transformation | Comment positionner l’économie mondiale sur une trajectoire compatible avec l’accord de Kunming-Montréal ?
Arthur Campredon directeur de ma Mesure d’empreinte de CDC Biodiversité animait cet échange sur Comment positionner l’économie mondiale sur une trajectoire compatible avec l’accord de Kunming-Montréal ?
Pour évoquer ce sujet de taille pour les entreprises et les institutions financières, il était entouré de Sylvie Lemmet, ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Antoine Peillon, Secrétariat général à la Planification écologique, Jean-Benoît Besset, Orange et Mathilde Loury, Ministère de la Transition écologique, de l’Énergie, du Climat et de la Prévention des risques. L’objectif était de réfléchir à l’encadrement des engagements des entreprises, leur faisabilité, et les arbitrages entre respect des limites planétaires et stabilité des modèles économiques.
Arthur Campredon a évoqué les notions de trajectoires, d’alignement, et de fixation d’objectifs mais également de planification et d’organisation. Des notions structurantes afin de respecter collectivement les engagements pris lors de la COP 15. Elles sont d’autant plus déterminantes que rien ne sera possible sans l’implication active du monde économique dans ce défi qu’est la préservation de la biodiversité.
Méthodes & outils | Le Diag’Biodiversité : se faire accompagner du diagnostic au plan d’action biodiversité – Bpifrance/OFB
La session plénière de l’après-midi, organisée conjointement par CDC Biodiversité, BL Évolution, et I Care & Consult, portait sur l’intérêt d’un diagnostic biodiversité pour les petites et moyennes entreprises (PME). Après les témoignages de Michel Meunier, Janus France et Suzie Dalla Foglia, Nexity, le public a assisté à la première présentation publique du Diag’Biodiversité, un nouveau service développé pour aider les PME à évaluer et améliorer leur impact sur la biodiversité. Cette initiative est portée par l’Office Français de la Biodiversité (OFB) et Bpifrance, représentés respectivement par Lôra Rouvière et Enora Kergoat, qui ont expliqué que le dispositif sera mis à la disposition des entreprises via un guichet unique et cofinancé à hauteur de 60 % pour le rendre accessible à toutes les PME.
João Pereira-Da-Fonseca de CDC Biodiversité, et Justine Mariette d’I Care, intervenants et co-pilotes de ce projet, ont présenté les objectifs et la méthodologie de la démarche au sein du consortium tripartite, complété par BL Évolution. Ce diagnostic complet inclura :
- La sensibilisation des salariés,
- Un diagnostic des impacts et des dépendances de l’entreprise sur la biodiversité,
- L’identification des risques et des opportunités liés à la biodiversité,
- La construction d’un plan d’action adapté.
Le déploiement du Diag ’Biodiversité est prévu pour courant 2025. La sélection et la formation des bureaux d’études souhaitant être référencés pour accompagner les entreprises seront menées au premier semestre 2025. Pour suivre l’évolution de ce projet, il est recommandé de s’abonner aux pages LinkedIn de CDC Biodiversité, Bpifrance, et l’OFB pour recevoir toutes les informations dès leur disponibilité.
Jeudi 14 novembre
Entreprenariat et biodiversité : vers un écosystème NatureTECH | Activités dédiées & mutation des emplois
Dans le cadre d’une collaboration entre Motherbase et la Mission économie de la biodiversité, Guillaume Buffet, Yves Chesnot et David Magnier ont animé un atelier consacré à l’écosystème émergent de la NatureTECH.
Cet échange a été l’occasion de présenter en avant-première la plateforme Nature TECHObservatory, un outil innovant destiné à analyser les tendances de création de startups engagées dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité. Grâce aux échanges de quatre experts issus des domaines de la biodiversité et de la finance — Antoine Cadi, Olivia Blanchard, Sylvain Moulherat Terroïko, a-igéco et Bertrand de Talhouet, Aurae — les participants ont approfondi leur réflexion sur les enjeux clés de l’innovation entrepreneuriale en faveur de la préservation du vivant.
Une initiative qui souligne l’importance de l’innovation technologique pour répondre aux défis environnementaux majeurs.
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