Le projet Jura Bioforest est lauréat de l’édition 2024-2025 de l’appel à projets « Fonds MAIF pour le vivant – Nature 2050 » pour ses actions en faveur de la préservation du Grand tétras dans les forêts du Haut-Jura.
Elu « coup de cœur » par les sociétaires MAIF, il bénéficie d’un coup de projecteur à travers les yeux de Johan Reboul, alias « Le Jeune Engagé », qui est venu découvrir le projet début novembre.
Au cœur du Parc naturel régional du Haut-Jura, le projet Jura Bioforest porté par l’association Groupe Tétras Jura (GTJ) vise à améliorer la résilience des forêts d’altitude face aux effets du changement climatique, tout en préservant le Grand tétras, l’emblématique gallinacé du massif du Risol. Jura Bioforest est le cinquième projet lauréat à bénéficier d’un reportage du Jeune Engagé, dans le cadre de son partenariat avec MAIF.
En présence des équipes MAIF et du Fonds Nature 2050, Alexandra Depraz, directrice de l’association GTJ, accompagnée de Jean-François Rure et Camille Dussouillez, de l’Office National des Forêts (ONF) ont présenté les actions mises en œuvre dans le cadre de cet ambitieux projet.
Reportage du Jeune Engagé à la découverte des enjeux de préservation du Grand tétras et des forêts d’altitude.
Le Grand tétras, une espèce menacée
Cette journée au cœur de la forêt haut-jurassienne a permis d’en apprendre plus sur le Grand tétras ou Grand coq de bruyère, espèce protégée aujourd’hui en danger critique d’extinction dans le Jura. En 2024, seuls 60 individus ont été recensés dans le massif du Risol, contre 700 dans les années 1960, des chiffres qui illustrent la dégradation progressive de l’habitat de ce gallinacé. Il niche et se nourrit au sol, mais les zones favorables à son développement se raréfient. Pour pallier ce déclin, des travaux ambitieux sont engagés pour favoriser son habitat, comme le dégagement de la ressource alimentaire (myrtilles) et des zones enherbées pour faciliter l’élevage des jeunes. Ces travaux bénéficient aussi à plusieurs espèces d’oiseaux de la forêt jurassienne comme la Gélinotte des bois.
La forêt haut-jurassienne frappée par la crise du scolyte
Ce projet d’ampleur vise également à restaurer et accompagner la transition des peuplements forestiers dans les forêts d’altitude du Massif du Risol, dans un contexte de changement climatique et de crise sanitaire liée au scolyte. L’exploitation forestière, le climat et la pratique du pâturage des massifs forestiers a favorisé le développement d’une forêt monospécifique, plus vulnérable aux aléas climatiques, et conduisant à un appauvrissement de la biodiversité locale.
Jean-François Rure et Camille Dussouillez de l’ONF, en charge des travaux sylvicoles, ont particulièrement mis l’accent sur la crise du scolyte, qui frappe les forêts jurassiennes depuis quelques années. Les conditions climatiques extrêmes ont favorisé la prolifération de parasites, insectes et champignons, qui entraînent le dépérissement des peuplements forestiers.
Depuis 2018, les étés et printemps exceptionnellement chauds et secs ont fait exploser le nombre de scolytes dans les forêts d’épicéas.
Ces insectes, dont la taille varie entre deux et sept millimètres, sont naturellement présents dans notre écosystème. En creusant des galeries sous l’écorce pour y déposer leurs œufs, ils entraînent la mort des arbres par asphyxie au bout de 4 semaines, fragilisant encore davantage ces milieux. Depuis le début de l’épidémie, 20 % de la surface d’épicéas et de sapins du massif jurassien ont été scolytés et/ou récoltés, ce qui fait de cette zone, la plus affectée en France actuellement.
Des travaux ambitieux prévus sur plusieurs années
Grâce au soutien du Fonds MAIF pour le vivant, des campagnes de travaux sylvicoles intégrés sont prévues entre 2025 et 2028 sur pas moins de 285 hectares dans la zone Natura 2000 « Massif du Mont-d’Or, du Noirmont et du Risol », incluant :
- Des plantations expérimentales sous forme de petits îlots visant à diversifier les peuplements forestiers face à la crise sanitaire du scolyte,
- Une dizaine de chantiers participatifs pour le nettoyage de clôtures abandonnées (source de risque de collision pour les oiseaux) et l’équipement de nouvelles clôtures,
- La restauration des continuités écologiques dans le sous-étage forestier et le développement de la ressource alimentaire pour le Grand tétras.
Le projet Jura Bioforest conjugue ainsi la préservation du Grand tétras et la transition des forêts d’altitude et s’inscrit dans une démarche de sensibilisation et de mobilisation citoyenne pour une sylviculture durable.
Le projet s’inscrit également dans la continuité du Plan national d’actions du Grand tétras (volet Jura) et le projet Restor’Tétras financé par l’OFB en 2021-2022.
L’accompagnement du Fonds Nature 2050 sur le long terme permettra de suivre l’évolution des populations de Grand tétras et des forêts du Massif du Risol jusqu’en 2050.
Galerie photo
