Evénement | La biodiversité au Salon de l’Immobilier Bas Carbone
CDC Biodiversité invitée au Grand Palais à l'occasion du SIBCA 2026 ©CDC Biodiversité

Du 1 au 3 septembre 2026, des représentant·e·s de CDC Biodiversité sont intervenu·e·s sur le Pavillon de la résilience climatique au Salon de l’Immobilier Bas Carbonne SIBCA, qui se déroulait au Grand Palais à Paris. Elles ont pu présenter les différents enjeux liés à la biodiversité dans le secteur de l’immobilier.

Marianne Louradour a introduit la 1e journée au pavillon Résilience climatique ©CDC Biodiversité

Placer la biodiversité au cœur de la chaîne de valeur de l’immobilier

Marianne Louradour, présidente de CDC Biodiversité a ouvert le pavillon Résilience climatique lors d’une table ronde sur le thème de l’immobilier sous contraintes planétaires. Elle est revenue sur un contexte estival particulièrement tendu au niveau écologique avec des périodes de canicule, des feux de forêt ou encore des inondations. Ces conditions amenées à se répéter dans le futur doivent servir de détonateur et pousser les acteurs de l’immobilier à intégrer la biodiversité dans leurs projets dès à présent. Elle a affirmé vouloir faire de la biodiversité « une fonction » permettant à la ville de s’adapter aux conditions extrêmes actuelles. Des principes explicités dans le dernier Dossier de la Mission économie de la biodiversité (MEB) : Mettre la biodiversité au cœur du mandat municipal qui vise à accompagner les collectivités pour l’intégration de la biodiversité dans leurs politiques publiques.

Interdépendance entre biodiversité et économie

Le 2e jour, David Magnier, directeur de la Mission économie de la biodiversité a insisté sur la nécessité de « créer des véhicules de financement des services écosystémiques » car ces services font face à des défis économiques majeurs : difficultés à capter des données précises, difficultés de création d’un véritable produit économique, difficultés à impliquer les acteurs économiques… En outre, si Stéphanie Lumbers qui représentait le comité Biodiversité du MEDEF, a expliqué que les entreprises avaient pris conscience de leur impact sur la biodiversité, David Magnier les a invitées à accélérer et à véritablement agir pour en financer la restauration. Il a ainsi évoqué le Crédit Biodiversité qui apparaît comme un moyen de financement privilégié.

Cette réflexion autour du financement a d’ailleurs été le fil rouge d’une journée dans laquelle les liens étroits qui unissent biodiversité et immobilier ont été mis en évidence. 

David Magnier sur les enjeux de financement de l’adaptation au changement climatique ©CDC Biodiversité

En effet, la qualité et la richesse de la biodiversité, notamment au niveau des sols, est un élément majeur garantissant les fondations d’une construction tandis les projets immobiliers apparaissent régulièrement comme étant destructeurs pour la biodiversité. Tout ceci est confirmé dans le Baromètre biodiversité et immobilier publié par l’Observatoire de l’Immobilier Durable en mai 2026 qui rappelle que l’artificialisation des sols « limite la circulation des espèces, réduit les habitats disponibles et fragilise les continuités écologiques. ».

Chloé Bessaguet présente l'IBL parmi des labels et outils pour la biodiversité lors ©CDC Biodiversité

Des outils de mesure pour guider les professionnels

Dans ce contexte, il est important de disposer d’outils de mesure servant à accompagner les professionnels de l’immobilier. Marianne Louradour a évoqué l’Indice de biodiversité local (IBL) au micro de Radio Immo, avant la présentation plus en détail faite par Chloé Bessaguet de cet outil lors d’une table ronde un peu plus tard dans l’après-midi. L’IBL permet aux acteurs de l’immobilier d’évaluer, en amont, les coûts et les impacts sur la biodiversité de leurs projets d’aménagement. Connaître, au préalable, ces impacts potentiels leur permet donc de les anticiper et de les réduire au maximum.

Dans la même optique, Chloé Nguyen Van a présenté le Global Biodiversity Score (GBS) outil de mesure de l’empreinte biodiversité des activités économiques pour le secteur de la construction. Face aux dégâts produits par les constructions humaines, CDC Biodiversité met à disposition des outils de mesure et d’aide à la décision. Ils donnent ainsi aux professionnels de l’immobilier les clefs pour leur permettre d’intégrer un maximum d’enjeux de biodiversité dans leurs projets de construction et de rénovation.

Présent sur la même table ronde, Noë Vaurez-Diamante, représentant ICADE a reconnu l’intérêt de cet outil auquel Icade a eu recours. Il a également évoqué le Contrat de performance biodiversité CPB mis en œuvre sur les Parcs d’affaires de Paris Rungis et des Portes de Paris entre Aubervilliers et Saint-Denis ; zone comprenant des bureaux au cœur d’un parc arboré de 1500 arbres. Ce lieu est profitable à tous et comprend des espaces de sous-bois sanctuarisés dans lesquels la biodiversité peut s’épanouir ainsi que des espaces ouverts au publics dans lesquels la végétation agit comme un rempart aux îlots de chaleur.

Chloé Nguyen Van sur le GBS comme outil d'anticipation des risques pour la biodiversité ©CDC Biodiversité
Jeanne Dumand a insisté sur le GBS comme outil de mesure international de la biodiversité ©Mireille Khattar Zepf OID

Une vision globale

Le 3e et dernier jour, Jeanne Dumand est intervenue à une table ronde sur les outils de mesure internationaux de la biodiversité durant laquelle elle a insisté sur la nécessité d’établir des stratégies complètes combinant approches locales, vision globale de la biodiversité, prise en compte de la chaîne de valeur et identification des risques. L’équipe Nature 2050 était également présente au SIBCA pour rappeler que la résilience des territoires, et donc de l’immobilier, ne se construit pas uniquement à l’échelle de la parcelle ou du bâtiment. Elle dépend aussi du bon fonctionnement des écosystèmes à l’échelle des bassins versants.

Pour illustrer ce propos, le projet du Brévant a été mis en avant pour sa capacité à protéger des zones urbaines situées en aval contre le risque d’inondation grâce à la restauration d’une forêt « éponge » en tête de bassin versant.

Nature 2050 encourage ainsi les acteurs économiques, et notamment ceux de l’immobilier, à s’engager dans le programme afin d’accélérer la restauration des écosystèmes, véritable ciment de l’habitabilité de nos territoires.

L'équipe Nature 2050 intervenait au SIBCA sur ©CDC Biodiversité

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