Produit de 4 années de réflexion menées avec des partenaires économiques et scientifiques, l’Indice de biodiversité local (IBL) est une méthode permettant d’analyser et d’anticiper, dès la phase de conception, l’impact local des projets d’aménagements sur la biodiversité. Cette modélisation qui permet de réfléchir à des solutions plus favorables à la biodiversité, a fait l’objet d’un examen par un panel d’experts scientifiques reconnus, dont le bilan est aujourd’hui accessible.
Il est reconnu que l’effondrement de la biodiversité est quasi exclusivement dû aux activités humaines et en particulier à la destruction et l’artificialisation des milieux naturels. Dans ce contexte, de plus en plus d’acteurs de la société souhaitent s’engager et limiter leurs impacts. Mais comment évaluer l’efficacité des engagements et actions ? En particulier à l’échelle d’un projet, comment s’assurer que le discours est suivi d’effets ?
Une question sur laquelle s’interroge CDC Biodiversité depuis 2022 et pour laquelle elle a rassemblé autour d’elle plusieurs clients partenaires : APRC, AREFIM, AXDEV, Brownfields, CDC Habitat, Compagnie des Alpes, Eiffage, Icade, La Poste Immo, Nhood, Novaxia, SGP.
Ensemble, ils ont développé une méthode permettant d’évaluer l’impact des projets (aménagement, infrastructure, ou autres) sur la biodiversité dès la phase de conception, afin de pouvoir réfléchir à des solutions de moindre impact.
Une méthode innovante pour évaluer l’impact des projets sur la biodiversité
La méthode Indice de biodiversité local évalue la biodiversité d’un site à un état initial (instant t) ainsi qu’à un état projeté (projet futur) sur deux compartiments : le compartiment végétation et le compartiment sol. Elle s’appuie sur des indicateurs validés par la communauté scientifique afin d’évaluer la capacité d’un site à accueillir la faune ainsi qu’à remplir des fonctions écosystémiques (filtration de l’air, l’infiltration de l’eau, le stockage de carbone dans le sol, etc.). Elle prend également en compte la connectivité fonctionnelle en modélisant l’insertion d’un site dans son contexte paysager.
À l’issue du calcul, l’aménageur dispose d’un niveau de détail permettant de comprendre l’impact de son projet sur la biodiversité et de prendre des décisions éclairées pour le réduire. L’IBL est donc une méthode d’aide à la décision, constituant un juste équilibre entre complexité et métriques compréhensibles, applicable en contexte urbain et péri-urbain en France métropolitaine.
Une analyse critique pour valider la méthode
Après avoir été expérimentée sur une quinzaine de sites en France hexagonale, la méthode a été soumise à un groupe d’experts issus de différentes institutions : Camille Dechavassine et Michel Perret (DGALN), Olivier Delzons, Brian Padilla et Chloé Thierry (UMS Patrinat, MNHN), Stéphanie Gaucherand (INRAe), Nicolas Hette-Tronquart et Vincent Zaninotto (OFB), Xavier Houard (MNHN), Tifenn Pedron (OPIE), Thomas Schwab (CEREMA).
Les experts ont examiné la méthode, analysé la pertinence des hypothèses posées, des protocoles mis en place afin de réaliser l’échantillonnage, limiter les biais observateurs, interpréter les résultats. Les principes fondamentaux de la méthode ainsi que ses limites d’utilisation ont été discutés puis validés.
Lire le bilan de cet exercice désormais disponible.
